L'expression populaire « tous pourris » traduit une forte défiance des citoyens envers la classe politique et les institutions démocratiques.
Origines et réalité du phénomène
- Origine historique : Ce slogan remonte au XIXe siècle, notamment lors du scandale de Panama ou de l'affaire Stavisky dans les années 1930.
- Sentiment de défiance : D'après les analyses du Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po, la proportion de Français jugeant le personnel politique « plutôt corrompu » a fortement augmenté, passant de 40 % en 2000 à plus de 66 % à 70 % lors de périodes d'affaires politico-financières.
Relativité des faits : Les sociologues rappellent que la grande majorité des élus locaux et nationaux ne font pas l'objet de condamnations et respectent des règles déontologiques strictes. L'augmentation du sentiment « tous pourris » s'explique souvent par une médiatisation accrue des affaires et une plus grande autonomie de la justice, plutôt que par une hausse mécanique des infractions.
Conséquences sur la vie démocratique
- Retrait civique : Cette généralisation nourrit l'abstention électorale et le rejet des institutions.
- Récupération politique : L'argument du « tous pourris » est fréquemment utilisé dans le registre du populisme ou du dégagisme par certains mouvements politiques pour se présenter comme l'unique alternative au système.