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Le 04/06/2026

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NDEMNITÉS EN HAUSSE : UNE DÉCISION LÉGALE MAIS POLITIQUEMENT EXPOSÉE

C’est un moment clé qui s’ouvre cet après-midi à Carcassonne. À peine installé, le nouveau maire Rassemblement national Christophe Barthès engage déjà un choix fort, hautement politique : celui d’augmenter les indemnités des élus. Une décision qui interroge. Une décision qui marque. Et surtout, une décision qui pose une question simple mais essentielle : comment un pouvoir fraîchement élu entend-il incarner sa promesse auprès des citoyens 

Ce jeudi 9 avril à 16 heures, le conseil municipal se réunit pour la première fois depuis l’élection du 29 mars. À l’ordre du jour, plusieurs délibérations financières. Mais deux d’entre elles concentrent déjà toutes les attentions : celles concernant les indemnités du maire, de ses adjoints et des conseillers municipaux délégués. Car les chiffres sont clairs. Et ils parlent d’eux-mêmes.

L’indemnité mensuelle brute du maire passe de 4 875 € en 2020 à 5 700 € aujourd’hui. Une hausse de 826 €, soit +17 %. Dans le même temps, l’indice de base servant au calcul, lui, n’a progressé que de 5,70 %. Un écart significatif. Une stratégie assumée. Christophe Barthès choisit en effet d’appliquer un taux de base inférieur au maximum autorisé, mais compense largement grâce aux majorations possibles liées au statut de Carcassonne : chef-lieu de département, ville touristique, commune éligible à certaines dotations. Résultat : une indemnité finale qui atteint 138,70 % de l’indice brut terminal, bien au-dessus des 125,50 % appliqués en 2020.
 

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Voici un signal politique contradictoire, en décalage avec le discours d’un "parti du peuple".

Le message politique est subtil, mais réel. Sur le papier, le maire peut affirmer ne pas utiliser le maximum légal de base. Dans les faits, le mécanisme des majorations permet d’atteindre un niveau proche de celui des grandes villes. Une ligne de crête entre affichage de modération et optimisation réglementaire.

Même logique du côté des adjoints. Ils sont désormais 10, contre 12 auparavant. Mais chacun voit son indemnité grimper à 1 801 € brut mensuel, soit une hausse de plus de 24 % par rapport à 2020. Une augmentation bien supérieure à l’évolution de l’indice. L’argument avancé par la majorité repose sur la réduction du nombre d’adjoints : moins nombreux, donc plus impliqués, donc mieux rémunérés. Pourtant, là encore, les chiffres nuancent cette lecture. L’enveloppe globale des indemnités des adjoints augmente malgré tout.

Quant aux conseillers municipaux délégués, leur indemnité progresse plus modestement, passant de 472 € à 501 €, soit +6,20 %. Une évolution cette fois cohérente avec celle de l’indice de référence.

Mais le sujet ne s’arrête pas aux seules fonctions municipales. Christophe Barthès cumule également un mandat de conseiller régional, pour lequel il perçoit 2 709 € mensuels. En ajoutant ses nouvelles indemnités de maire et celles liées à l’agglomération, le total approche les 8 400 € brut mensuels, soit à seulement quelques centaines d’euros du plafond légal autorisé. Une situation parfaitement légale, mais politiquement sensible dans un contexte où la question du pouvoir d’achat reste centrale.

Au total, l’enveloppe globale des indemnités votées aujourd’hui atteint 33 233 € mensuels, contre 29 053 € en 2020. Soit une hausse de plus de 4 000 € par mois. Plus de 50 000 € supplémentaires par an. Une progression de 14,40 %, là encore très supérieure à l’évolution des indices.

Alors que penser de cette première décision structurante du mandat ? Pour ses soutiens, il s’agit d’un ajustement logique, rendu possible par les règles en vigueur, et compensé par une organisation plus resserrée. Pour ses opposants, c’est un signal politique contradictoire, en décalage avec le discours d’un "parti du peuple".

Une chose est certaine : ce premier conseil municipal ne se limite pas à une simple délibération technique. Il fixe une méthode. Il donne un ton. Il trace une ligne.

Et au fond, la question dépasse les chiffres. Elle est ailleurs. Dans la perception. Dans la cohérence. Dans la confiance.

Car en politique, surtout au début d’un mandat, chaque décision compte. Et celle-ci pourrait bien rester comme l’un des premiers marqueurs forts de l’ère Barthès à Carcassonne.

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Jean Michel JUMEAU, journaliste indépendant.
C11.MEDIA et La Voix des Citoyens 
Membre actif de la #fnjmi